Là où tu seras, là-haut tu sauras?

Ma belle Eva, mon Ange, mon Amour,

Je ne doute pas qu’ils auront été nombreux à penser à toi ce 27 mai 2017 et qu’ils se seront dit « un an, déjà ?… ».

J’ai finalement décidé de provoquer une chaîne en ton souvenir, le 1er juin, un an après notre dernier hommage et le Ciel gronde sous la chaleur accablante du printemps. Il m’était impossible de garder le silence. J’espère que tu as perçu notre Amour.

Pour nous le temps s’est allongé, presque suspendu. Cette curieuse élasticité  amplifiée par cette solitude subie… Dans l’absolu, le temps d’une journée, d’un mois, de cette année écoulée est le même pour tout le monde, pourtant il s’est étiré ou contracté en fonction des états d’âmes. J’ai pris dix ans.

Eva, ma chérie, tu as néanmoins rempli chacun de mes instants, chaque pensée, plus que tu ne te les étais jamais accaparées de ton vivant malgré nos SMS et nos appels aimants. Ta présence constante n’a pas été uniquement emprunte de peine et de douleur, au contraire, je t’ai associée à chaque émerveillement et à tous moments de bonheur, furent-ils fugaces.

Le vide, il est à l’extérieur. La fascination que tu exerçais sur ce monde évaporé, cette énergie débordante, ces appels téléphoniques incessants, ces visites discontinues, tout a cessé dès ton départ pour laisser place au silence.

Je tente d’intégrer cet optimisme lucide. Je suis sûr que de nombreuses personnes pensent régulièrement à toi sans que nous en ayions la connaissance, comme en ce 27 mai 2017. J’ai compris qu’il fallait continuer à dispenser les impulsions pour amorcer le mouvement. Ne pas s’offusquer , ni  attendre des autres, des actions, une réflexion, une synchronicité qui n’est pas la leur. J’ai été placé face à mes propres manquements. Préserver ta braise, Eva, pour porter puis passer le flambeau à une jeunesse prometteuse. Toute cette expérience sur Terre n’a pas vocation à nous laisser stagner dans l’indifférence mais à nous guider vers une unité absolue.

Ceux qui m’ont cru éteint, attendant un signe de ma part, même si  j’ai tendance à croire que les rapports peuvent être inversés, doivent comprendre qu’assurer le quotidien a été une épreuve, douloureuse et énergivore. Gérer les priorités des priorités dans une matérialité dense sans la douce émulation de notre couple. Assurer la charge de tout ce que nous avions rêvé, construit ensemble. Diminuer la voilure pour ne pas se perdre, s’épuiser. Rien ne se fait plus sans que je le décide, du linge aux grands projets qui réclament une violence intérieure. Fatigué, distrait, assailli par les questionnements, il m’a fallu sans cesse surmonter une dépression « bio », sans anxiolytiques, ni somnifères, où seules les larmes discontinues ont longtemps fait office d’antalgique. Lorsque l’on pense l’avoir apprivoisée, la souffrance peut revenir à tout moment, insidieuse et plus violente. J’étais physiquement présent « dans ce monde » tout en étant « hors de ce monde ». J’ai observé les gens croisés au hasard, dans leurs voitures, dans les magasins, dans la rue. Ils m’ont tous semblé vivre une autre vie, inconscients de leur bienheureuse insouciance. Ce n’est bien sûr que mon  interprétation. J’en reviens toujours à cet espace-temps.

Dans cette grande maison, avec Vicky, nous avons repensé notre vie dans un espace plus réduit où subsistent les roucoulements de tes colombes, les cris des perruches, le glissement des croquettes et le ronronnement de l’aquarium. La télévision est le plus souvent délaissée. Les informations ont moins de prises sur nous. Nous continuons pourtant à vivre, pour ses seize ans… Comme tu nous l’as appris, Eva. Nous recherchons un équilibre, nous échangeons, nous nous souvenons. La musique est plus souvent présente, les portables et l’enceinte « bluetooth » nous ont apporté cette facilité. Il nous arrive de rigoler comme de pleurer. Les garçons sont aussi très attentifs, présents à leur manière. Je suis plus que jamais fier de nos enfants. De leur force, ils ne se plaignent pas même si je perçois leur profond chagrin et désarroi. Nous restons unis comme tu le souhaitais. J’ai essayé de reconstruire une nouvelle relation sans ton relais, de leur montrer toute mon affection en écartant le filtre de la pudeur. Enfin, lorsque les journées actives s’apaisent, qu’un livre s’ouvre, le calme me permet d’entrer en introspection. C’est l’heure de la communion où je peux m’évader dans mes élucubrations. J’espère que tu m’ « entends »…

Comment expliquer que ton départ n’est, selon moi, pas synonyme d’une fin mais d’une étape? Et qu’à l’infinie tristesse se mélangent des Espoirs et une volonté d’ouverture du cœur. La douleur ultime révèle l’Amour. « J’ai eu accès à cet Amour dans le désespoir absolu« . « Faire le deuil » ne représente plus pour moi une capacité à faire taire des déchirements, la faculté de tourner une page sur ce qui ne reviendra plus. A mes dépens, la maladie qui t’a emportée puis cette séparation m’offrent un nouveau regard sur la Vie, une forme d’éveil, une acceptation que les pires choses comme les meilleures sont à accueillir avec confiance et qu’elles nous permettent d’évoluer. Bien sûr que ce n’est pas une situation enviable, ce n’est pas ce que je souhaitais. Quel est ce prix à payer ? Comment vivre sans toi ? Je sais que tu es dans un ailleurs, mais tu me manques physiquement, à en crier. Je suis à la fois le chercheur attentif et le cobaye résigné de ce cruel supplice. Les portes semblent toujours susceptibles de s’ouvrir pour te voir arriver et me réveiller de ce cauchemar.

N’ai-je à partager avec le lecteur venu te chercher sur cette page, ou curieux de ma personne, que les affres de ma tristesse à la hauteur de mon Amour? Je ne détiens aucune vérité, aucune certitude et il n’est pas aisé de les exprimer. D’autant que mes pensées m’apparaissent comme le fil de l’eau: claires et fluides, elles glissent mais elles sont difficiles à rattraper par écrit, comme une évaporation dès qu’il s’agit de les formaliser. Puisse l’inspiration guider mon écriture, me nourrir, éclairer, renforcer et apaiser ceux qui y trouveront des échos. « L’important n’est peut-être pas ce qui nous arrive mais finalement ce que l’on en fait».

Je pense ne plus avoir peur de la mort. Je t’aurais volontiers accompagnée mais je n’ai pas de volonté suicidaire (en aurais-je le courage ?) car je suis plus que jamais décidé à accepter et à vivre mon « karma », quelles qu’en soient les conditions.

«  Alors qu’il allait mourir. Socrate était à ce point ravi que ses disciples ne comprenaient pas pourquoi. Credo, un disciple, le lui demanda : « Pourquoi as-tu l’air si heureux ? Nous pleurons. Nous sanglotons.

« Pourquoi ne devrais-je pas être heureux ? J’ai connu la vie, je souhaite à présent connaître la mort. Je suis à la porte d’un grand mystère, et c’est passionnant ! Je vais faire un grand voyage vers l’inconnu. Je suis rempli d’émerveillement ! Je ne peux plus attendre ! » Répondit-il.

Et souvenez-vous que Socrate n’était ni religieux, ni croyant. Quelqu’un lui demanda : « Es-tu certain que l’âme survivra après la mort ? »

« Je ne sais pas » Répondit-il. Dire « je ne sais pas » demande le plus grand des courages. Etant un homme honnête et sincère, Socrate put répondre « Je ne sais pas ». Alors le disciple demanda : « Pourquoi es-tu si heureux si l’âme ne survit pas ?

« Eh bien je vais voir. Si je survis, il n’y a aucune peur à avoir. Si je ne survis pas, comment pourrais-je avoir peur ? Si je ne survis pas, je ne survis pas. Là où il n’y a personne, il ne peut y avoir de peur. Si je survis, je survis. Il n’y a aucune raison d’avoir peur. Mais je ne sais pas exactement ce qui va se passer. C’est pourquoi je suis plein d’émerveillement. Je suis prêt à y aller. Je ne sais pas. »

« Dis-moi Eva, je t’imagine en plénitude dans une autre dimension, affranchie du temps et de l’espace, libérée des limitations terrestres. Es-tu plus légère, plus expansive, plus réceptive ? As-tu pu analyser notre passé ? M’accompagnes-tu au présent ? Possèdes-tu ce don d’ubiquité lorsque je pense à toi ? Connais-tu mon avenir ? Peux-tu l’influencer ? Sommes-nous devenus de simples expériences sur ton long parcours ? Ressens-tu tous nos sentiments ? Es-tu heureuse ? Que fais-tu ?  Je ne peux imaginer que tu sois complètement passée à « autre chose », si ce n’est par obligation, et que tu n’aies pas une pensée régulière pour tes enfants ou pour tant d’autres, qui que tu sois devenue. »

J’entends toujours tes « Mon chéri », « Mon p’tit mari, je suis fier de toi », mais aussi « Peux-tu arroser mes plantes ? ». Inspiration mentale ou réflexes acquis à tes côtés ?

Ma montre a capté mon attention le 26 mai car elle retardait à l’heure d’un RDV. Cédant à sa faiblesse, elle s’est finalement arrêtée le 27 mai 2017, un signe de plus de cet indicible. Tu avais eu la gentillesse de me changer la pile, il y a 5 à 10 ans…

Ma Foi est ma Force, intime et puissante, mon intuition, ma sérénité profonde. Je prie matin et soir avec les « outils » de mon éducation catholique et cela m’aide. Je t’envoie tout mon Amour, je demande la protection de nos enfants et je sollicite une aide au quotidien. Le Notre Père et la prière à Marie ont été gravés dans ma mémoire par ma grand-mère. Cadeaux et ultimes remparts. Pour comprendre où j’en suis, il me semble important d’évoquer cette Foi en me défendant pourtant de tout prosélytisme, chacun fait ce qu’il veut et je déteste l’enfermement des dogmes, trop humains. Je ne prêcherais que la solidarité et l’Amour, dans son sens le plus noble. Chacun doit poursuivre sa quête, ou pas, peu importe le chemin, s’il ne porte pas préjudice à autrui.

« Eva, je t’imagine dans une dimension de Lumière où l’on peut « toucher les couleurs et voltiger sur la musique, où l’Amour et la beauté ne font qu’un ».

Mes lectures ésotériques prêtent toutes des supers pouvoirs aux défunts. Ceux qui ont fait l’expérience de la mort imminente (EMI ou Near Death Experience NDE), quelles que soient leurs origines et leurs cultures, témoignent tous de la plénitude de l’être et de sa magnificence dans cet au-delà. Les auteurs expliquent cependant la difficulté à retranscrire cet univers supérieur, les qualificatifs leur faisant défaut pour décrire des visions ou des sensations qu’ils jugent inexplicables car inexistantes sur Terre : la Lumière la plus intense qui n’éblouit pas, un son qui se matérialise, de nouvelles couleurs, une pensée créatrice…

« Dis-moi Eva, se pourrait-il que tu sois dans un état de conscience supérieure, que tu aies accès à une omniscience ? Es-tu immergée dans ton nouveau monde, à une fréquence supérieure, au point d’être séparée de nous ? Peux-tu faire des allers-retours dans notre matérialité? Peux-tu t’appuyer sur des intermédiaires? La compréhension humaine serait-elle par rapport à cette Source comme celle d’une fourmi à laquelle j’essaierais de communiquer ma Foi ? Comment t’appelles-tu dans cette nouvelle dimension ? J’ai confiance en cette attraction qui nous a réunis sur Terre et qui nous permettra de nous retrouver dans son champ de conscience, avec la certitude que les choses sont en place. »

J’ai cru, pour bien l’avouer, que le contact direct serait rapidement établi et que je pourrais, en quelque sorte, me jouer de la mort. Mais il n’en a rien été au cours de cette année… Des chaleurs enveloppantes, des souffles subtils mais aucun de mes sens n’a pu indubitablement confirmer ta présence. Pourtant ma certitude est ancrée. Je ne suis certainement pas dans le bon référentiel. « On ne voit bien qu’avec le cœur ». Hormis, mes intuitions, les petits signes perçus sujets à interprétation, mes croyances et mon intérêt pour le paranormal depuis ma jeunesse, je ne peux pas mettre en avant une expérience personnelle forte et physique, telle qu’une sortie extracorporelle ou une clairvoyance. Pouvait-il en être autrement pour que je continue à vivre ?  Si tu avais pu faire davantage pour me prouver ta présence, je pense que tu l’aurais fait. Dans ma croyance de survivance, j’en conclue les raisons suivantes: Soit, je n’ai pas (encore ?) les perceptions suffisantes, soit, Eva, tu n’as pas les moyens de te manifester ou tu es soumise à des interdictions. L’équilibre de la Vie est sans doute à ce prix.

Indéniablement, j’ai été gâté par ces signes du quotidien et par des canalisations extérieures (rarement sollicitées) mais ce n’était jamais assez. Je suis pourtant resté raisonnable. Je pense que nous sommes entourés d’anges et de guides prêts à nous assister au travers de nos sollicitations. Je compte bien améliorer ma sensibilité! La voyance prédit un avenir, la médiumnité établit un contact avec les morts. J’y crois intimement tout en ayant la plus grande prudence vis-à-vis de ce type de dialogue. Je n’ai pas voulu multiplier les expériences, conscient d’un nécessaire sevrage et de te « laisser partir » . Je me refuse au spiritisme, au contact avec un bas astral. Un lieu commun est de conseiller : « Il faut la laisser partir ». Il faut te laisser partir comment ? Il m’arrive de te parler, Eva. Comment pourrais-je feindre d’ignorer ma douleur ? Je ne peux pas simuler, faire semblant de ne pas souffrir. Ma peine est à la hauteur de l’Amour que je te porte. J’essaye de ne pas exagérer, de ne pas te provoquer. Je parle le plus souvent à mes « guides » et je t’envoie de l’Amour par leur intermédiaire. Si tu ressens ma peine, je te sais capable de l’accueillir et de tout faire pour l’apaiser. Je reste ton mari sur Terre, celui que tu renforçais, pour lequel tu avais beaucoup de patience. Je ne peux pas complètement me « couper de toi ». Le terme est d’ailleurs impropre, il y aura toujours un lien d’Amour. « Laisser partir » serait-il « Laisser partir la souffrance », accepter qu’Eva puisse poursuivre un autre chemin et, par voie de conséquence, poursuivre le mien. Ignorer la souffrance, ou « faire l’autruche »,  christalliserait les émotions. Je pense qu’il faut donc la vivre, jusqu’au bout, jusqu’à l’essorer, la maîtriser. C’est peut-être toute la difficulté de mon deuil : Aujourd’hui, je pleure ton absence mais je reste dans l’Espoir d’affiner mes perceptions « au-delà » de cette souffrance pour reprendre contact avec toi et matérialiser un nouveau « lien » d’Amour, sans te retenir dans ta progression. Et il est indéniable qu’il se dégage une Sérénité depuis quelques temps, confortablement installée dans mon cœur. Certains y verront l’usure du temps: Le « il faut du temps! » qui m’a été maintes fois répété. Je le vis comme un apprentissage des sentiments, exigeant, volontaire, tortueux, comme un chemin de guérison.

J’ai vu et j’ai subi les opérations à mains nues des philippins et j’en ai pleuré de joie. Effet placébo ou pas, prestidigitation pour choquer le subconscient, la fin justifiant les moyens ? : Des guérisons  spectaculaires sont établies. J’espère que, comme toi, Eva, je pourrai un jour me rendre aux Philippines et me laissait porter par ce surnaturel. Certes, tu n’as pas survécu malgré ces soins, le miracle de ta jambe a été balayé, mais j’associe à ton décès des blessures plus profondes que tu n’avais pas réglées et sur lesquelles aucune médecine n’aurait pu avoir de prise, si ce n’est ta Force intérieure. J’ai vécu à tes côtés où chaque jour apportait ce soupçon de magie. J’ai côtoyé et je côtoie de belles âmes, équilibrées, thérapeutes, pas du tout schizophrènes, qui perçoivent d’autres vibrations maintes fois décrites dans la culture ésotérique. Les matérialistes ne se fient qu’à leur sens. La science ne « sanctifie » que ce qu’elle vérifie. Les grands scientifiques, trop en avance sur leur temps, ont d’ailleurs souvent été bridés voire persécutés. Je pense pour ma part que ce n’est pas parce que certains phénomènes échappent aujourd’hui à nos sens qu’ils n’existent pas. L’avenir du quantique devrait nous ouvrir un grand champ de possibilités même si je pense utopique la possibilité de la science de percer tous les mystères. Ce n’est pas le but final.

Je crois en la réincarnation tout en l’associant à des interrogations qui dépassent mon entendement et qui m’obligent « à faire confiance ». Qu’ai-je donc à comprendre ou à régler pour me voir imposer ta disparition, Eva? Quelle que soit la dureté de cette épreuve, je pense que nous la surpasserons et que nous nous retrouverons dans cette autre dimension. Que représente d’ailleurs ma souffrance par rapport aux atrocités sur Terre, au passé comme au présent ?

Je crois que nous choisissons notre destinée avant de revenir sur Terre, même si j’ai du mal à conceptualiser la complexité des histoires qui se jouent. Où commence et finit le libre arbitre ? Avons-nous des points de contrôle, des passages obligatoires dans un plan de Vie méticuleusement orchestré? Ne serions-nous pas de simples aiguilleurs de possibles prédéfinis? Je crois que « nos scénarios sont présents dans notre ADN : Nos comportements sont une réponse à nos désirs profonds, au passé à régler que nous avons vécu. Nous sommes des étudiants sur Terre ! venus expérimenter les vicissitudes que les humains se rejettent de génération en génération. Qu’avons-nous à apprendre ? » Je crois que notre ADN contient non seulement notre patrimoine génétique mais aussi, peut-être, l’ossature d’une partie de notre vie.  C’est conscients que nous intégrons une famille, une vie, choisissons nos parents, notre fratrie, avant que l’on nous fasse le cadeau de l’oubli pour venir expérimenter sur cette Terre.

Je crois aux liens entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, de l’ADN aux astres, du quantique à l’univers. « Tout ce qui est en haut et comme tout ce qui est en bas ». Je crois en un champ énergétique qui orchestre et unifie l’univers. D’où vient cette énergie qui anime le plus petit des électrons qui se comporte à la fois comme une onde et comme une particule ?

Je ne crois pas en un Dieu « rédempteur » qui juge nos actions, en bien comme en mal.  Je pense, que nous passons par toutes les étapes au cours de différentes vies… En revanche, je crois qu’à chaque « retour à la maison », dans cette autre dimension, nous faisons notre bilan de conscience dans une perception étendue de nos actions passées et de leurs effets collatéraux. Nous sommes placés face à nous-mêmes, assistés par notre guide qui nous ramène toujours vers l’Amour, sans jugement, et nous capitalisons nos leçons de vie pour préparer le prochain retour sur Terre pour de nouveau apprendre, jusqu’à l’Éveil…

Je crois à l’influence de l’Esprit sur la matière. Je crois à la mémoire cellulaire et à l’impact de nos émotions sur nos cellules. Nous pouvons nous rendre malades comme nous guérir et donc prévenir le déclenchement de maladies. Je crois à l’auto-guérison par l’identification de nos blocages invisibles, enfouis, de nos héritages, par la compréhension et l’acceptation de ces émotions. Notre corps nous offre déjà de beaux exemples d’auto guérison comme les anticorps ou la cicatrisation. Une intelligence des mécanismes complexes de notre corps qui dépassent notre perception.

Je crois que cette planète merveilleuse, la nature, la faune, ne peuvent être coordonnés que par une instance supérieure. La Terre est un jardin d’Eden. J’espère qu’un jour le monde entier en prendra véritablement conscience et agira en conséquence alors que l’actualité nous assène le contraire…

« Dis-moi Eva, es-tu auprès des tiens ? Es-tu auprès des nôtres ? Aurons-nous encore ces instants d’intimité ? En aurons-nous besoin ?»

Il me faut retrouver la force et l’envie. Je souriais lorsque tu répétais être ma muse, mais, une fois de plus…, tu avais raison. Il me faut assimiler ta douloureuse absence mais aussi le retour de mes fragilités et de mes doutes que tu avais temporairement occultés par ton Amour.

J’avais oublié de vivre pour moi, je t’ai accompagné dans la maladie mais j’ai aussi compris que tu me portais par ton Amour. Je puisais dans ton regard toute ma confiance. Cette dépendance affective a cédé la place à un manque intérieur.  J’ai cependant compris qu’il me faudrait cicatriser, retrouver un équilibre et cette confiance avant d’envisager de reconstruire. Rester ouvert mais maître de ma Vie, tenir debout sur mes propres jambes. Devenir responsable. Respecter ta mémoire sans jamais oublier de me respecter.

Si nous pouvions revenir dans le passé et modifier certains éléments de Vie, nous aurions des impacts considérables sur le futur. Sur ce principe, il faut orienter l’instant présent pour changer tout de suite notre futur. Devenir ce que nous voulons être. Vaste programme.

J’ai un moment recherché notre intimité chez les amis avec l’espérance que tu m’aies laissé un message. Je me suis aperçu que chacun me renvoyait une réalité au travers du prisme de sa perception et de sa propre expérience. Comment pouvait-il en être autrement ? J’ai souvent été blessé. « Lorsqu’un puits se fore en vous, avant que n’affleure l’eau claire, ne soyez pas pris au dépourvu et attendez-vous à la montée des boues« . Sans doute t-ai-je idéalisé Eva mais j’ai vécu pleinement ce qui fut ma réalité. J’ai appris que notre Amour était notre jardin secret que la pâleur de mes écrits ne saurait partager.

J’ai beaucoup pleuré en rangeant « mon » garage.  Un pot, une brocante, un objet insolite, jusqu’aux sacs plastiques qui se sont entassés, dans la poussière, mais qui me rappellent irrémédiablement tes habitudes conservatrices. Les correspondances, les mots griffonnés patiemment décortiqués, les bulletins scolaires, les devoirs, les photos de piètre qualité mais qui témoignent tous d’une époque, de morceaux de vie. Les cartons lourds et déstructurés, déposés par les enfants à chaque période d’évolution. Ces jouets éparpillés, disloqués, la figurine dont il manque un bras, calcinée par des guerres imaginaires, qui  les fera, un jour, replonger allégrement dans un passé insouciant et heureux. Le tissu poussiéreux imprimé d’oursons qui est réapparu comme le symbole d’un Amour fort: C’était un pyjama que j’ai enlacé, serré, caressé, embrassé avant qu’il finisse chiffon dans le garage.

« Qu’il s’agisse de jouets éparpillés par terre, d’armoires bourrées de vêtements, de sacs à main abandonnés sur une table, de livres lus et relus ou de babioles sans valeur, les objets laissés par le disparu sont pleins de sens et d’histoire. Et même ceux qui n’en avaient pas au départ, ces objets mal-aimés du quotidien, prennent une valeur inattendue une fois que la mort surgit et qu’il faut décider de leur destin. Pour beaucoup, les objets personnels du disparu sont une présence apaisante : même si les regarder ou les toucher fait mal au cœur, cela fait du bien de s’en entourer. Ils deviennent de petits trésors, qui aident à se sentir moins seul.

Tout le monde ne se sent toutefois pas réconforté par les objets orphelins. Après les funérailles, certaines personnes endeuillées ont le désir, violent et impératif, de tout jeter, pensant que cela les aidera à faire leur deuil et à passer à autre chose plus vite. Il faut être prudent : ces objets familiers créent un sentiment de sécurité, qui disparait lorsqu’on s’en débarrasse trop tôt. Il ne faut pas oublier que ce qui est jeté est définitivement perdu. De plus, lorsque l’on s’empresse de ranger dans des cartons les affaires d’un bébé mort-né ou d’éliminer d’un appartement toute trace d’un conjoint disparu, cela signifie que l’on préfère se détourner de la tristesse plutôt que de l’affronter. Cela ne facilite pas le travail de deuil : ce n’est pas parce que les objets ont disparu que la douleur partira plus vite. 

D’autres personnes endeuillées ont une réaction opposée : elles conservent tout, absolument tout, dans l’état où les choses étaient au moment du décès. Le bureau d’un mari, la chambre d’un enfant, deviennent ainsi des sanctuaires dans lesquels le temps ne semble pas avoir de prise. C’est également excessif, et ne toucher à rien revient à éviter de faire face à la disparition. Difficile, dans ce cas, d’accepter la nouvelle réalité et de faire son deuil. »

J’ai ainsi compris que le rangement, la sobriété des objets, la pertinence des correspondances étaient un cadeau invisible que je pouvais faire à ceux que j’aime et qui me survivront. Un jour viendra où j’arriverai à rouvrir tes placards. Sans rejeter la nécessaire matérialité, l’accumulation n’est plus le but de ma vie. J’ai compris que nous étions des locataires sur Terre : Qu’il fallait être capable d’accueillir les biens matériels, de les utiliser mais aussi de s’en libérer.

Au bout de neuf mois, j’ai fini par éloigner temporairement, ton beau portrait prônant dans le salon. Cela me manque, mais j’ai cessé cette succession de bougies qui n’en finissaient pas de noircir le plafond. J’ai compris que Victoria ne pouvait plus vivre avec un autel permanent et que notre maison aussi devait revivre.

« Trouver le silence et s’intérioriser demande du temps et de la patience. »

Au regard de mes presque 50 ans, je frémis aux souvenirs de mes périodes d’immaturité et de nos incompréhensions, de cette matérialité qui pouvait m’éloigner de nos besoins fondamentaux.

La vie de famille est un exercice difficile et nous n’avons pas choisi les options les plus faciles. Nous avons composé, recomposé. Je reste fier de nos réalisations et surtout des valeurs que nous avons transmises à nos enfants.

Je t’ai idéalisé, je t’idéalise Eva car tu étais effectivement mon idéal, ma flamme jumelle. J’ai aimé jusqu’à tes défauts. J’ai râlé mais c’était toi, Eva, mon Amour, ma moitié. Nous avons été imparfaits mais heureux.

Chaque jour, je mesure la chance d’avoir vécu à tes côtés et je remercie le « Ciel ». Je rends grâce à cet Amour qui a surmonté tous les obstacles et cimenté notre engagement. Je me réjouis de ces 20 années exaltantes ainsi que d’avoir les enfants à mes côtés pour continuer le sillon que tu as amorcé.

Ma douce Eva, ma beauté céleste, comblé à tes côtés, je me suis oublié avec bonheur ;

Je repense à tes bras s’agrippant à mon cou, du contact de ta joue, du parfum de ta peau.

Tu m’as ouvert à la Vie quand je contribuais à canaliser ton énergie hors norme ;

Tu m’écrivais que tu m’aimais d’Amour en le soulignant et en précisant qu’il n’y avait pas assez de mots pour le décrire ;

L’Amour, me disais-tu, comme meilleurs bouclier et médicament. Mystérieux, inconditionnel ;

Je ne pensais qu’à toi, tu veillais sur moi ;

Dans le réconfort de tes bras, j’abandonnais toutes défenses ;

Dans cet émoi renouvelé de nous appartenir, j’étais porté par tes attentions ;

En plénitude, je plongeais dans tes yeux verts et nos Esprits souriants fusionnaient sans paroles ;

Tu connaissais derrière mon regard noir, la profondeur de mes sentiments et tu t’imprégnais de mon âme ;

Unis dans l’expansion et le rythme de nos cœurs, nos baisers scellaient la promesse de nos rêves et de notre chemin futur. Nous deux, ce sera jusqu’à la canne! répétais-tu : funeste vérité.

Merci mon Amour d’avoir attisé et alimenté cette flamme vitale, essentielle, d’autant plus fragile qu’elle ne s’emprisonne jamais. Cette Lumière désormais inextinguible illumine à jamais les profondeurs de mon être.

L’album de Céline Dion m’aura accompagné, soutenu tout au cours de cette année. En boucle dans la voiture, presque quotidiennement, entre les phases de réflexion dans cet espace clos, intime, il m’aura permis d’user mes sentiments, de pleurer à chaudes larmes, de déverser ces trop pleins d’émotions, d’apprivoiser peu à peu la souffrance. On n’efface pas cette dernière mais on finit par survivre avec.

« Ma Force » : Une fois de plus, les paroles de cette chanson résonnent en double interprétation. Je savais qu’ « Elle était ma Force ». Eva était ma principale raison d’exister, elle était mon Essentiel, la mère veilleuse de mes enfants. J’ai compris que le plus beau cadeau que je pouvais désormais lui offrir était de continuer de vivre. Pour être fidèle à nos engagements. Pour Elle, les enfants, les proches, pour moi. Des préceptes répétés de mon père dont la devise était « être plutôt que paraître » ou qui citait Kipling, à l’héritage d’Eva, j’espère devenir cet «homme ». J’ai perçu au long de ce parcours « quelle était ma Force », mon devoir d’autonomie et d’exemplarité. Ne pas se laisser sombrer, ne pas se laisser aller. Ne pas laisser trop d’emprise à cette tristesse qui plombe, vous flétrit, vous entraîne dans un puits sans fin et sans avenir.

 » J’ai laissé mourir mon bégonia rose. Je me souviens avoir reçu de lui, voilà quelques jours, un signal furtif – mais j’ai oublié, assaillie par d’autres démons. Le monde souffre cruellement autour de moi de la nuit où je me débats. J’en ai la certitude. Le noir qui irradie de moi infeste d’autres vies, d’autres consciences. De moi, partent sans cesse des ondes de détresse. Ceux qui les reçoivent, plantes, bêtes, humains, en sont assombris – sans en soupçonner le pourquoi. Je propage des rêves mauvais, des angoisses, des disputes. Mon malheur entraîne d’autres existences dans son ornière. Je me crois seule mais d’invisibles relais transmettent ailleurs mes signaux, les amplifient, contribuent à obscurcir le monde. Tout, sur Terre, est porté par nos visions. Toute guerre a son début dans les yeux d’un vivant. Le premier tir d’artillerie ne crépite pas aux frontières d’un pays, mais dans une conscience d’homme. Et chaque paix, sur Terre, commence par se poser dans une main ouverte ». (Merci Anne-Marie de m’accompagner dans tes lectures 🙂 <3).

A mon rendez-vous en solitude du dimanche matin, sur mes rollers, l’allure vive, la brise au visage et sur les bras, je me suis senti libre et en présence d’Eva. Oui, il faut courir, sauter, marcher tant qu’on le peut. Respirer à pleins poumons, s’extasier, être en réceptivité dans son environnement et le respecter dans son intégralité. De même, lorsque je fais de la course à pied, je pense à toi, Eva, à ton courage, à ta volonté, à ton combat sur la douleur, toi qui rêvais de recourir un jour. J’espère que désormais tu voles et que tu es libérée de toutes contraintes.

« Il est venu le temps des cerises, mon Eva et je les savourerai avec toi, directement sur l’arbre, en pleine conscience, comme tu aimais le faire mon Amour en te réjouissant des dons de la nature. »

« Un an, Eva. Faut-il marquer ce jour d’ultime souffrance où tu t’es envolée dans mes bras ? Le 27 mai 2016 était-il le jour programmé de ton retour à la Source ? As-tu, dès cet instant, eu la confirmation de notre immortalité ? C’est ce que je crois. C’est donc un jour heureux et mon Amour infini s’élève jusqu’à toi. Avec nos enfants, en pensées avec toi, confiants dans ta bienveillance, nous formons un bloc comme les cinq doigts de la main qui entoure et préserve si précieusement ton cœur au creux de sa paume. Je t’Aime ma chérie. IDEM. »

J’ai enfin eu envie de poster une vidéo que nous avions regardée ensemble. C’est la chorégraphie que j’aurais aimée réaliser avec toi ma chérie. Elle image nos sentiments.

Rudyard Kipling

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaitre,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

Extrait de « Guérir sa vie: Un chemin intérieur »

Par Gustave Nicolas fischer

« Comment revivre après une épreuve ? Tous ceux qui ont perdu un être cher, ceux qui ont été dévastés par une rupture, ceux qui ont survécu à une maladie grave posent de façon cruciale cette question du rétablissement intérieur : peut-on vraiment se délivrer d’un mal qui nous a marqué à vie ?

Se retrouver cela implique de reprendre concrètement sa vie en main. Cette orientation consiste à réapprendre, par des actes simples, à redevenir responsable de sa vie. Comment conduisons-nous notre vie ? Quelle est notre capacité d’être nous-mêmes, de ne pas dépendre en permanence des autres ? Les épreuves de rupture et de séparation sont à cet égard des plus révélatrices sur cette question comme autant d’obstacles qui révèlent la difficulté de vivre de façon autonome et personnelle, et non par procuration.

Dans une perspective de guérison, se retrouver n’est pas une expérience narcissique pour se complaire à soi-même. C’est une expérience existentielle qui renvoie à une réalité trop oubliée : personne ne peut rien faire à notre place. 

Apprendre à vivre avec soi-même peut-être un puissant levier de rétablissement. Quelqu’un qui n’est pas capable de régler ses problèmes après une épreuve ne peut vivre une relation bonne, ni avec lui-même, ni avec les autres. Après des ruptures en particulier, un test majeur se présente : est-on capable de vivre sa propre vie, c’est-à-dire mener sa propre barque ? Si de telles expériences amènent quelqu’un à reprendre sa vie en main, elles deviennent aussi des forces de guérison pour se débrouiller tout seul au quotidien, entrer dans des relations plus vraies avec les autres sans avoir besoin de les instrumentaliser ou de les prendre comme objet de protection et de défense contre sa propre incapacité de vivre.

Commencer à vivre une vie autonome est donc un chemin de libération. Il faut être puissamment actif au quotidien en mobilisant au fond de soi la volonté réelle de reprendre sa vie en main. La transformation psychologique se mesure lorsque l’on cesse ses comportements de peur, d’auto condamnation, d’impuissance et que l’on ose faire quelque chose pour soi, ce qui nous fait simplement exister, mais d’une façon parfois si surprenante à nos yeux.

On ne guérit que lorsque l’on commence à se porter soi-même, ne cherchant plus l’aide et le changement à l’extérieur. En assumant de nouveau son destin, on ne redevient pas seulement responsable mais on se régénère dans la confrontation intime à sa fragilité que l’on transforme ainsi en une nouvelle force de vie.

Tout ce qui nous ouvre à nous-mêmes est un chemin de guérison. En vérité cela implique que chacun s’accepte dans ce qu’il est devenu. Une telle acceptation constitue en même temps un renoncement : beaucoup de choses ne peuvent plus être envisagées. Mais un tel processus est guérisseur, car il permet de s’ouvrir, d’apprendre à se comporter d’une manière plus réceptive à la vie. Accueillir sa vie suppose une forme de dépouillement.

Guérir, c’est faire en quelque sorte l’expérience intérieure du désert, où l’on réalise chaque jour que pour vivre il faut se détacher et se déposséder. Une telle approche va à l’encontre de notre compréhension habituelle de l’existence, dans laquelle le but de la vie est pour beaucoup la possession et l’accumulation d’objets et de biens matériels.

Or, pour se délivrer, il faut entrer dans un autre esprit, ce qui se traduit par le dépouillement. Non pas forcément l’absence de biens matériels, mais un détachement par rapport à la valeur existentielle des choses. Ainsi des valeurs préalablement considérées comme vitales peuvent devenir relatives donc moins importantes.

A quoi est-ce que je m’accroche ? Qu’est-ce qui me libère ? Qu’est-ce que je continue à nourrir dans cette nostalgie ?

Remettre de l’ordre en soi est une tâche essentielle. Si on le fait dans un esprit de transformation, une attitude plus juste émerge par rapport à l’importance des choses dans sa vie : qu’est ce qui est vraiment nécessaire ? Qu’est ce qui compte réellement ? De quoi est-ce que je peux me passer ?

Une telle attitude au quotidien permet d’utiliser chaque situation pour s’exercer à se détacher de besoins, de relations, de choses dont on s’est rendu prisonnier par habitude, par sécurité, et qui au fond ne sont pas porteurs de vie. Faire le ménage en soi c’est en quelque sorte faire l’expérience psychique du « mourir » en déblayant tout ce qui encombre le passage vers la vie. Et dans ce mouvement s’opère une maturation, c’est-à-dire l’éclosion d’une autre façon de revivre, à l’image d’une graine plantée en terre et qui en disparaissant porte ses fruits.

« Le bonheur ne dépend pas de ce vous possédez mais de ce que vous vivez ».

Un autre exercice curatif consiste à développer de nouvelles raisons de vivre. Qu’est-ce qui me fait véritablement vivre ? Qu’est ce qui est le centre de ma vie ? Quel est le désir profond qui habite mon cœur ? Qu’est ce qui donne une direction à mon existence ? Est-ce que j’ai un but dans ma vie ? Ces questions se greffent, elles aussi, sur une des conséquences des blessures psychologiques : l’effondrement de ce à quoi on tenait le plus.

Dans ces conditions, le fait de guérir implique une réorientation de toute sa vie basée sur de nouvelles raisons de vivre. »

 

3 commentaires sur « Là où tu seras, là-haut tu sauras? »

    • Merci Gwladys. je suis touché de vous savoir sur cette page. Je ne vous oublie pas non plus. Vous faîtes partie de cet indicible. Je me souviens de vos paroles de réconfort et d’Espoir, de votre justesse, de votre émotion non dissimulée. Dans cet environnement blanc et épuré, ce « paradis blanc » qui aurait plu à Eva malgré la situation, je me suis laissé porté, désemparé, sans énergie mais la magie d’Eva a continué d’opérer au travers de nos Amis qui ont pris le relais puis de votre belle intervention. Tout au long de cette journée, plusieurs centaines de personnes n’ont fait qu’Un autour d’Eva et notre famille permettant à l’Amour de supplanter le plus extrême des chagrins. Bien affectueusement. Antoine.

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